Portrait de la Vice-reine version longue

474px-Portrait_de_Jeanne_d'Aragon,

Ce tableau de 1518 conservé au Musée du Louvre est une huile sur bois transposée sur toile est du à la collaboration de Giulio Romano  (Rome vers 1499- Mantoue 1546) et Raphaël (Urbino 1483- Rome 1520). Il mesure 1,20m de haut sur 0,95m de large. C’est un grand portrait pour la Renaissance.

Il représente une jeune femme assise dans un fauteuil vêtue d’une magnifique robe en velours rouge dans un intérieur princier. Son visage doux est encadré par de longs cheveux blond foncé retombant sur ses épaules. Elle pose légèrement de trois-quarts, son bras gauche reposant sur son genou dans une attitude souvent utilisée par les peintres. Son bras est trop long, naturellement il ne pourrait pas reposer sur le genou.

La jeune femme représentée fut longtemps identifiée à Jeanne d’Aragon mais le modèle est dona Isabel de Requesens i Enriquez de Cardona-Anglesola épouse de don Ramon Folc de Cardona-Anglesola.

L’arrière-plan se démarque de la tradition romaine par son décor. Le spectateur peut voir l’intérieur d’une pièce avec deux encadrements de porte et une ouverture sur une loggia et un jardin.Le  plafond de la galerie s’inspire du chantier de la villa Chigi où Raphaël et son atelier travaillaient.

Ce portrait se rapproche de la tradition des peintures du Nord par son importance accordée aux détails et aux textures. Le spectateur ressent les différents tissus utilisés pour les vêtements de la vice-reine : le velours de la robe et sa doublure de satin, la chemise de soie, la zibeline. Giulio Romano a su rendre les effets du velours par l’utilisation de plusieurs tons de rouge (amarante, carmin, cinabre).

Le visage de la jeune femme n’exprime rien mais cela s’explique par le fait que Raphaël n’a pas effectué lui-même les croquis préparatoires seul Giulio Romano s’est rendu à Naples pour rencontrer le modèle

D’ailleurs le visage serait l’unique intervention de Raphaël sur ce tableau, le reste de l’œuvre appartient à Giulio Romano. Ce partage du travail était fréquent dans les ateliers : le maître submergé par les commandes répartit les tâches entre ses élèves et gardent les parties difficiles comme la tête et les mains. Mais ici tout le tableau est d’une qualité incontestable.

Ce tableau fait partie des cadeaux diplomatiques que le pape Léon X offrit au roi François Ier comme Saint Michel terrassant le dragon et la Sainte Famille deux autres toiles conservées au Louvre et dues à Raphaël.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s