Ex-voto de Philippe de Champaigne

L’ex-voto de Philippe de Champaigne (Bruxelles 1602 – Paris 1674) est une huile sur toile de 165 cm de haut par 229 cm de large conservée au Musée du Louvre.

Peint en 1662, ce tableau est une reconnaissance pour le rétablissement miraculeux de sœur Catherine de Sainte Suzanne de Champaigne, la fille du peintre, religieuse au couvent de port-Royal. Cela faisait 14 mois que la jeune femme était paralysée des membres inférieurs quand elle guérit à la suite d’une neuvaine (prières répétées pendant 9 jours) par mère Catherine-Agnès Arnault.

Les deux moniales sont en prière dans la cellule, la supérieure est agenouillée devant la malade assise dans un fauteuil, les jambes surélevées par un tabouret. L’éclairage de la scène vient de la gauche mais un rai de lumière descend sur le visage de la mère et sur les membres inférieurs de sœur Catherine.

Dans cette œuvre, tout est sobre: le décor de la pièce, la palette aux couleurs restreintes et même l’instant représenté. Ce n’est pas le moment du miracle qui est figuré mais celui juste avant la guérison. Mais les visages sont de beaux portraits qui expriment la sérénité. ils sont mis en valeur par le noir du voile. Une longue inscription en latin explique le tableau  » (voir ci-dessous).

Philippe de Champaigne est un peintre de la cour de France, il est connu pour les portraits du roi Louis XIII ou de Richelieu.Ici, il réalise un tableau d’une grande sérénité qui contraste avec les évènements qui touchent la communauté de Port-Royal. Ce monastère est un centre janséniste, ce mouvement réformateur du catholicisme va progressivement se transformer en une contestation politique  et religieuse contre le pouvoir absolu de Louis XIV.

Cette toile peut donc être vu comme un  ex-voto mais aussi comme un soutien à la communauté janséniste.

Illustration : Web Gallery of Art

*Citation latine du tableau :  » Au Christ, unique médecin  des corps et des âmes. La sœur Catherine Suzanne de Champaigne, après une fièvre de 14 mois qui par son caractère tenace et la grandeur des symptômes avait effrayé les médecins, alors qu’était presque paralysée la moitiée du corps, que la nature était déjà épuisée et que les médecins l’avaient abandonnée, s’étant jointe avec la mère Catherine Agnès par ses prières en un instant de temps une parfaite santé s’en étant suivie, à nouveau s’offre. Philippe de Champaigne cette d’un si grand miracle et de sa joie témoin a présenté à côté en l’année 1662. »  Traduction de Louis Marin in Louis Marin, Philippe de Champaigne ou la présence cachée, Paris, Hazan 1995, p.311

 

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