Les Ambassadeurs de Hans Holbein le jeune

Double portrait de Jean de Dinteville et Georges de Selve dit les Ambassadeurs peint en 1533 par Hans Holbein le Jeune (1497 ou 1498 Augsburrg (sud de l’Allemagne) – 1543 Londres). Cette huile sur chêne de grande taille (207 cm par 209 cm) est conservée à la National Gallery de Londres. L’œuvre est signée et datée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au premier regard, le spectateur voit dans cette œuvre seulement un portrait d’apparat de Jean de Dinteville l’ambassadeur de François Ier à Londres auprès d’Henri VIII (à gauche) et Georges de Selve l’évêque de Lavaur dans le Tarn (à droite) : les deux français sont représentés en pied, grandeur nature, richement vêtus, ils sont accoudés presque symétriquement à une étagère recouverte d’un tapis persan et d’objets scientifiques et d’instruments de musique, signes d’une culture très poussée. Le mur du fond est caché par une draperie verte.
Une étude plus attentive de la peinture montre une représentation beaucoup plus complexe. Sur le rayon supérieur du meuble sont placés une sphère céleste, un cadran cylindrique (sorte de calendrier donnant, ici, la date du 11 avril 1533 (un Vendredi saint), un cadran polyédrique (à dix faces), un turquet. Tous sont des instruments de mesures astronomiques.
Sur la tablette inférieure, nous voyons un globe terrestre, un livre de mathématique ouvert sur une page consacrée à la division, un compas, un luth à onze cordes dont une est cassée, un recueil de cantiques de Luther et des flutes.
Le sol reprend le pavement de l’abbaye de Westminster et au centre de ce décor un étrange motif a été peint par Holbein : c’est l’anamorphose d’un crâne humain très réaliste quand le spectateur regarde le tableau à partir du côté droit.

détail de l’anamorphose vue sous l’angle qui supprime la déformation

Plusieurs éléments rappellent la mort dans ce tableau en plus de l’anamorphose, la corde cassée du luth, la broche du béret de l’ambassadeur (là il va falloir me croire sur parole) et le crucifix en haut à gauche. Ce thème annonce les natures mortes du XVIIe siècle qu’on nomme les « Vanités ».

Ce panneau évoque également la mission diplomatique du commanditaire : Jean de Dinteville est envoyé par le roi de France à Londres auprès d’Henri VIII pour lui proposer une alliance contre Charles Quint. C’est sûrement pour cette raison que nous voyons des allusions à la Réforme (le livre de cantiques) à la jeune Eglise anglicane (le pavement de Westminster) présentées dans un portrait de deux catholiques.

Cette œuvre est un véritable programme iconographique et parle à la fois du contexte politique et culturel de la Renaissance.

Illustrations : Wikipedia

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Une réflexion sur “Les Ambassadeurs de Hans Holbein le jeune

  1. Merci pour votre article qui m’a rappelé la première fois où je l’ai vu, et comme pour tous les chefs d’oeuvre on finit par envier le choc que vont éprouver ceux qui le verront pour la première fois ….

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