Le Serment des Horaces de Jacques-Louis David

En 1784, Jacques-Louis David (1748-1825) commence une œuvre commandée par Louis XVI, Le Serment des Horaces, il s’agit d’une huile sur toile de grande taille (3.30*4.25 m) conservée au musée du Louvre.

Il réalise cette œuvre à Rome où il peut s’inspirer de l’art antique. Sujet de Corneille et de Tite-Live même si cette scène n’est mentionnée chez aucun auteur. Pour achever la guerre entre Rome et Albe, les Horaces sont choisis pour représenter la ville de Rome et doivent se battre jusqu’à la mort contre les Curiaces, champions de la ville d’Albe, malgré les liens qui les unissent : Camille, la jeune sœur des Horaces (vêtue de blanc sur le tableau) est fiancée à un Curiace tandis que Sabine, une Curiace est mariée à l’aîné des Horaces. David a réalisé beaucoup de dessins préparatoires, ses élèves notamment Drouais ont également participé à l’élaboration de ce tableau en faisant de nombreuses études, leur maître était quelqu’un de perfectionniste qui pouvait refaire pendant plusieurs jours le même pied. Aussi, il a mis 11 mois pour finir ce tableau.
La composition est simple, la lumière provient de la gauche et les personnages sont comme sur un bas- relief se détachant sur un fond d’arcades qui partagent la scène en 3 parties égales. Les trois Horaces, en groupe serré sont à gauche, dressés, tendus, en face de leur père qui occupe le centre de la scène. De la main droite, il bénit tout en maintenant leurs 3 lames d’acier de sa main gauche nue. Le seul des fils qui survivra au combat est celui qui jure de la main droite. Derrière lui à droite, les femmes sont affaissées, terrassées par la douleur, leurs corps flexibles et la fluidité de leurs vêtements contrastant avec la dureté du métal et des muscles des hommes. La signification de la scène gagne par son expression concise et sa clarté schématique. La volonté masculine est opposée au sentiment féminin ; la vocation civique endurcit les hommes, l’émotion submerge les femmes. Camille, la femme en blanc était fiancée à un Curiace, elle meurt tuée par son frère à qui elle avait reproché d’avoir assassiné son fiancé. L’organisation du tableau donne beaucoup d’importance aux hommes mais si le tableau était inversé c’est à dire que le groupe féminin se trouvait à gauche, c’est leur sentiment qu’il l’emporterait.

Cette œuvre caractérise un style nouveau : le néo-classicisme qui considère l’Antiquité du point de vue de la morale. Les héros de la Grèce ou de la Rome républicaine remplacent les dieux païens et leurs aventures frivoles. Dans ce tableau, on trouve avant tout l’exaltation de la vertu et du patriotisme : un nouvel idéal encouragé par les Encyclopédistes comme Diderot. Cette toile recevra un triomphe au Salon de 1785 et influencera de nombreux contemporains de David.

 

Illustration : Wikipedia

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