La sculpture grecque antique ce n’est pas compliqué !

Aujourd’hui, je vais vous expliquer comment les sculpteurs grecs ont réussi à conquérir la représentation du corps humain et marquer l’art occidental.
Les artistes grecs ont créé un art centré sur l’homme contrastant ainsi avec les autres civilisations antiques qui l’ont précédée, toutes tournées vers un divin inaccessible.
Mais chez les Grecs, le besoin d’obtenir les faveurs de dieux difficiles et capricieux est prédominant. Chaque cité essaie donc de s’attirer la protection des dieux et cela entraine un esprit de compétition qui était le moteur essentiel de la société grecque et pousse les artistes à des évolutions constantes. Ainsi en moins de sept siècles, les figures schématiques de l’art géométrique vont se métamorphoser en Vénus de Milo et Apollon du Belvédère et marquer l’art occidental.

Avec l’époque archaïque (620-480), les sculpteurs passent de la statuette à la statue, du calcaire au marbre. Deux types statuaires voient le jour et seront présents jusqu’aux derniers temps de l’art grec : le jeune homme (« kouros » en grec) nu et la jeune fille (« koré ») habillée. Ils offrent des sujets d’étude pour le placement des muscles sur le squelette et celui des plis du vêtement sue le corps.

Le type du kouros a été emprunté à l’Egypte : jeune homme debout dans une attitude strictement frontale, la jambe gauche en avant, le bras le long du corps. Cependant la nudité est assez exceptionnelle dans l’art égyptien tandis que dans le monde grec elle est tout à fait spécifique du mode de vie. En effet, les sports se pratiquaient nu, notamment lors des jeux opposant les différentes cités comme à Olympie. Pour les Grecs, représenter la nudité revenait à affirmer leur identité et à démontrer leur degré de civilisation.
Les kouroi marquent en général l’emplacement des tombes, on en retrouvait également dans les sanctuaires en particulier ceux d’Apollon.
Cléobis et Biton sont un bel exemple de kouroi de l’époque archaïque, tout comme le cavalier Rampin

Les korés sont avant tout des sculptures que l’on retrouvait dans les sanctuaires, elles étaient les servantes des déesses comme la statue appelée la Koré de Samos.

Le classicisme commence vers 480 avant Jésus-Christ et se prolonge jusqu’en 330.
Le Ve siècle avant Jésus-Christ est une période d’inquiétude pour les Grecs marquée par la menace perse (490 victoire de Marathon, 480 sac d’Athènes par les Perses, 430 épidémie de peste).
Les plus belles statues de cette époque étaient en bronze mais il nous reste très peu d’originaux, les sculptures en métal étaient souvent fondues.
-guerriers de Riace

Les Guerriers de Riace (bronze, milieu du Ve siècle av. J-C, musée national Reggio de Calabre)

Nous connaissons la sculpture grecque de cette période grâce aux copies romaines en marbre, mais le marbre n’a pas l’élasticité du bronze ce qui explique la présence de support, d’étai sur les œuvres.
-Le Discobole : réplique romaine en bronze d’une statue en bronze

Discobole Lancellotti, copie romaine de l’œuvre de Myron, vers 120 ap. J.-C., palais Massimo alle Terme

Nous savons que, vers 440-430 avant J-C, le sculpteur Polyclète d’Argos, s’interroge sur le rendu de la beauté idéale qu’il définit dans un ouvrage disparu le Canon. Tout juste conserve-t-on une phrase disant que la beauté résulte d’un calcul subtil de nombres ! Polyclète mit au point un système de proportions : la hauteur de la tête est un septième de celle du corps entier et de mouvements alternées : les épaules et les hanches qui donnent l’impression de l’allure nature d’un corps musclé au repos. Le rythme est construit autour d’un grand X (la lettre chi en grec et qui se prononce ki) qui donne le mot « chiasme » que l’on nomme parfois du terme italien « contraposto ».
Le Doryphore et le Diadumène sont des exemples très connus des recherches de Polyclète.

En 430 avant J.-C., une peste ravage Athènes puis les cités grecques s’affrontent dans les guerres du Péloponnèse. Une grave crise morale s’ensuit : on s’interroge sur ces dieux qui permettent de tels malheurs. Comme pour oublier les désastres du temps, les artistes semblent rechercher la douceur féminine et la grâce.
Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, grandit en importance. Le corps féminin se dénude peu à peu et la nudité n’est plus réservée aux courtisanes des vases de banquets avec par exemple la Vénus Génitrix.

La fin de la période classique est marquée par deux sculpteurs exceptionnels :
-Praxitèle qui cherche à exalter le corps féminin et celui des éphèbes, il travaille autant le marbre que le bronze. Il est l’auteur de l’Aphrodite de Cnide et de l’Apollon Sauroctone.

Aphrodite Braschi, statue du type de l’Aphrodite de Cnide, Glyptothèque de Munich

-Lysippe, contemporain de Praxitèle et portraitiste officiel d’Alexandre le Grand, préfère le bronze. Il allonge le canon de Polyclète (la tête représente un huitième de la hauteur du corps). Il intègre ses œuvres dans la profondeur, désormais on éprouve le besoin de tourner autour de la sculpture. Il est l’auteur du portrait en buste d’Alexandre dit Hermès Azzara. Le souverain est représenté d’une manière réaliste (il ressemble à la représentation du jeune empereur sur la mosaïque de la « maison du faune » à Pompéi figurant la bataille entre les armées grecques et les soldats perses). Mais la sculpture montre l’image conventionnelle du chef : visage large, regard pénétrant, mâchoire forte… De plus, le portrait se développera beaucoup à la suite de l’éclatement de l’empire d’Alexandre en royaume indépendants, les successeurs du Macédonien voulant marquer leur dynastie en individualisant leur image. L’esprit de l’art grec va se modifier au cours de ce qu’on appelle la période hellénistique.

Portrait d’Alexandre le Grand dit Hermès Azzara, copie romaine d’une œuvre de Lysippe, conservée au musée du Louvre

L’art hellénistique (330-30)
Outre la production de portraits, cette période artistique est marquée par le balancement entre le baroque et le classicisme. Le courant baroque ou théâtral caractérisé par la Victoire de Samothrace l’influence classique se retrouve dans la Vénus de Milo.
Au cours de ce cycle, les artistes grecs vont représenter les émotions des protagonistes par exemple dans Marsyas supplicié, les étrangers : les Gaulois ou Galates vont devenir un sujet apprécié ainsi que tout ce qui est bizarre comme nous pouvons le voir dans la sculpture de l’Hermaphrodite.
Le style grec continuera d’exister dans l’art romain mais aussi jusqu’à nos jours car il influencera fortement tous les artistes jusqu’à la fin du XXe siècle.
Pour résumer cet exposé, les artistes grecs ont cherché dans un premier temps à reproduire l’anatomie c’est la période archaïque puis ils ont voulu représenter le mouvement c’est l’époque classique enfin vient l’art hellénistique les sculpteurs vont chercher à figurer l’émotion.

Toutes les illustrations proviennent de Wikipedia

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