Les bustes d’Alexandre et Louise Brongniart par Jean-Antoine Houdon

Les bustes d’Alexandre (7 ans) et Louise (5 ans) Brongniart sont deux terres cuites sur piédouche de marbre gris de Jean-Antoine Houdon (1741 Versailles – 1828 Paris) conservées au Musée du Louvre. Les portraits mesurent autour de 35 cm. Ils ont été exposés pour la première fois au Salon de 1777.https://i0.wp.com/www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0032/m503706_98ce2633_p.jpg

Ce sont des portraits privés commandés par Alexandre-Théodore Brongniart (architecte de la Bourse de Paris appelée également Palais Brongniart). Bien que différents, ils sont traités en pendant car ils se regardent.

Alexandre est vêtu d’une chemise dont le col est ouvert, ses cheveux sont ébouriffés. Louise est figurée le torse nu, ses cheveux retenus en chignon par un ruban large, elle a un air songeur. Ces sculptures sont des représentations de l’enfance très réussies. J’ai une photo de mon fils où il exactement la même attitude que Louise.

Houdon était un très grand portraitiste, il savait transcrire les émotions, les tempéraments de ses modèles dans la pierre grâce notamment à la façon dont il travaillait les yeux. Ainsi l’iris de la petite fille est creusé mais aussi la pupille, l’artiste a juste laissé une « langue pendante » de matière qui accroche la lumière et donne de l’éclat au regard.

Les portraits privés d’enfants sont très rares avant le milieu du XVIIIe siècle, beaucoup d’auteurs pensent que ce sont les écrits de Jean-Jacques Rousseau qui modifièrent les mentalités à l’égard des premières années. J’estime que ce changement est plutôt du à la baisse du taux de mortalité infantile ( certes lente mais régulière 350 décès d’enfants de moins d’un an pour mille naissance avant 1720, 263 pour 1000 dans les années entre 1750 et 1779) en effet il est difficile de s’attacher à un être qui a peu de chances de survivre.

Pourtant malgré sa virtuosité, Houdon recevra peu de commandes royales car il dirigeait son atelier comme une entreprise artisanale en produisant de nombreuses réductions de ses œuvres. La frileuse, Diane connurent de nombreuses répliques destinées à être vendues à des amateurs mais les bustes des enfants Brongniart ne furent pas reproduits du vivant de l’artiste (après ils furent souvent répliqués).

 

 

 

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