Mobilier de la tombe de la reine Arégonde

En 1959 lors de fouilles archéologiques dans la nef de la basilique de Saint-Denis, la tombe n°49, préservée des infiltrations d’eau, livra un important mobilier funéraire comprenant en plus des éléments osseux, des fragments de costume et une importante parure orfévrée.

Eléments de la parure funéraire de la reine Arégonde ©D. Bagault

Les bijoux faits d’argent, d’or, de grenat et de verre sont conservés au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain en Laye. L’ensemble se compose de 2 épingles pour retenir le voile, 2 boucles d’oreilles, 2 fibules, une grande épingle pour agrafer le manteau, un anneau sur le pouce gauche, une garniture de ceinture, 2 ferrets de jarretière et des éléments de décor de chaussure.
C’est la bague en or qui permit l’identification la souveraine, une inscription ARNEGUNDIS et le monogramme Regine se trouvent sur le chaton. La défunte fut reconnue comme une des épouses de Clotaire (un des fils de Clovis qui régna de 511 à 516). Elle n’était mentionnée jusqu’alors que par les écrits de Grégoire de Tours, l’étude du mobilier de la sépulture permit de la connaître un peu mieux : elle avait autour de 61 ans au moment de son décès, elle souffrait d’arthrose et de diabète, un de ses pieds était difforme surement à cause de la poliomyélite.

Les pièces fonctionnant par paires sont différentes les unes des autres. Un des éléments est moins abouti que l’autre. Il est donc possible que les beaux bijoux aient été importés et les seconds répliqués par une personne moins expérimentée.

Les fibules sont des éléments du costume depuis l’antiquité romaine qui servaient à tenir le vêtement, un peu sur le système des épingles à nourrice. En général, une seule suffisait, ici la reine en portait deux. Elles sont en orfèvrerie cloisonnée, cette technique consiste à sertir des morceaux de verre ou des pierres précieuses dans des cloisons de métal. Le bel exemplaire provient sûrement d’un atelier la vallée du Rhin ou du sud-ouest de l’Allemagne.
La grande épingle qui servait à faire tenir le manteau est apparemment un objet composite fait d’éléments de différentes époques, les taux d’or et d’argent sont sensiblement différents d’une partie à l’autre du bijou.
La garniture de ceinture est faites de deux plaques avec armature en argent avec des tôles d’or à décors de filigranes et grenats et verroterie disposés en bâte.

La parure de la reine Arégonde est très bel ensemble mais des traces d’usures sont bien visibles. Il se pose alors plusieurs questions : est-ce que la reine voulait être inhumée avec des objets qu’elle aimait, est-ce par souci d’économie de ceux qui l’ensevelirent ou encore est-ce que les changements politiques changèrent la situation économique de l’entourage d’Arégonde ?

La photographie de la parure provient du site L’archéologie en chantier : http://www.archeologiesenchantier.ens.fr/spip.php?article80 

Pour en savoir plus : https://www.academia.edu/1472915/La_tombe_d_Ar%C3%A9gonde._Nouvelles_analyses_en_laboratoire_du_mobilier_m%C3%A9tallique_et_des_restes_organiques_de_la_d%C3%A9funte_du_sarcophage_49_de_la_basilique_de_Saint-Denis

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