Melencholia I d’Albrecht Dürer

Melencholia I est une gravure sur cuivre datée 1514 et signée Albrecht Dürer (1471Nuremberg-1528 idem). Elle mesure 24 cm de haut pour 18.7 cm de large. Il existe de nombreux tirages de cette œuvre dans les collections européennes : musée Condé à Chantilly, musée Unterlinden à Colmar, British Museum de Londres, musée Jenish à Vevey en Suisse.

Melencholia I d’Albrecht Dürer

Devant un paysage côtier, un personnage ailé peut-être féminin est assis sur le rebord d’une terrasse. Cette figure dont l’allure massive est renforcée par sa ample robe est accompagnée d’un putto (ou angelot), d’un lévrier et d’une chauve-souris dont l’inscription sur les ailes donne son titre à la gravure.
Elle est entourée de multiples objets hétéroclites se rapportant à la géométrie, au travail du bois. De nombreux instruments de mesure sont également présents. Mais tous sont inutilisés même le compas qu’elle tient dans la main.

Cette gravure a donné lieu à de nombreuses interprétations quelques fois complètement opposées. Beaucoup d’auteurs y ont vu un autoportrait de Dürer car son journal et sa correspondance montrent une personnalité mélancolique mais ici aucun objet ne se rapporte à la peinture.
D’autres considèrent qu’il s’agit d’une vanité c’est-à-dire une œuvre rappelant à l’homme sa nature mortelle.

Certains historiens de l’art comme Peter-Klaus Shuster voient dans cette gravure une influence directe des milieux humanistes, notamment la pensée de Pic de la Mirandole pour qui chaque être a tout pour s’accomplir et devenir un homme à part entière en faisant bon usage des arts et des sciences et se rapproche ainsi de Dieu (comme l’indiquerait l’arc-en-ciel). Et si la figure principale a le regard perdu c’est parce qu’elle mesure tout le chemin qui lui reste à parcourir pour atteindre la connaissance.

Après toutes ces lectures, je ne sais plus ce que peut symboliser Melancolia I mais ce que je vois c’est qu’il s’agit d’une œuvre exceptionnelle car la gravure au burin est une technique complexe qui nécessite une longue pratique, c’est un procédé d’orfèvre que Dürer maitrisait à la perfection et qu’il avait apprise auprès de son père dont c’était le métier.

Melancolia I est considérée comme une des gravures les plus importantes dans l’œuvre de Dürer avec le Chevalier et la Mort et Saint Jérôme dans sa cellule.

Image provenant du site web gallery of art

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