La Toilette d’Esther

La toilette d’Esther est une huile sur toile peinte par Théodore Chassériau (1819 Saint-Domingue – 1856 Paris) en 1841. Ce petit tableau (45.5 cm par 35.5 cm) est conservé au Louvre depuis 1934 à la suite du legs de la collection du baron Arthur Chassériau.

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La Toilette d’Esther par Théodore Chassériau, Musée du Louvre

Au premier plan, se trouve Esther assise à demi-nue entourée d’une servante et d’un eunuque. La jeune femme se coiffe dans une pose sensuelle. Son attitude n’est pas très naturelle et rappelle que Chassériau était un élève d’Ingres qui utilisait lui aussi des poses non anatomiques pour privilégier le dessin (voir l’article sur La grande odalisque).
Mais contrairement à son maitre le jeune peintre (il a seulement 22 ans au moment de la réalisation de cette œuvre) accorde beaucoup d’importance à la couleur comme le montre l’étoffe qui recouvre les jambes de l’héroïne ou l’aspect des bijoux. Cela donne un aspect raffiné au tableau.
Le cadrage serré (les personnages secondaires sont coupés) et l’absence de profondeur donnent l’impression d’une scène chargée.

L’artiste figure un épisode biblique tiré du livre d’Esther rarement illustré par les peintres. La jeune juive se prépare à rencontrer pour la première fois le roi perse Assuérus (ou Xérès) qui cherchait une nouvelle épouse parmi les plus belles femmes de son royaume. Les artistes préféraient représenter le moment où elle plaide la cause du peuple juif.
Le choix d’un tel sujet religieux permettait à Théodore Chassériau de contourner la censure et de présenter au Salon un nu féminin dégageant un fort érotisme.

Ce tableau évoque par la peau de tigre utilisée comme tapis, la servante voilée également le goût de l’Orient un courant très à la mode chez les artistes du XIXe siècle. L’Orientalisme se retrouvait dans de nombreux domaines artistiques et décoratifs comme la peinture mais aussi la littérature comme le montrent Salammbô de Flaubert, les voyages de Pierre Loti ou en arts décoratifs avec les travaux du verrier Philippe-Joseph Brocard (1831-1896).

L’œuvre sera très critiquée par les contemporains de Chassériau car ils trouvaient étrange l’atmosphère qui s’en dégage. D’ailleurs, c’est un artiste qui ne sera pas reconnu à sa juste valeur car perçu à la fois comme élève d’Ingres et suiveur de Delacroix. Pourtant, c’est un peintre inclassable qui mérite une plus grande notoriété.

La photographie provient du site Web Gallery of Art http://www.wga.hu/support/viewer/z.html

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