La mosaïque du châtiment de Lycurgue

Cette mosaïque aujourd’hui conservée au musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal a été découverte par hasard au début du XXe siècle dans le quartier Sainte-Colombe à Vienne (Isère). De grande taille, elle mesure 7*5.20 m sa forme est absidiale, elle daterait de la fin du IIIe siècle après Jésus-Christ.

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Mosaïque du châtiment de Lycurgue vue dans son ensemble Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal (par Hélène Rival (Own work) [CC BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons

Au centre du pavement, nous voyons Lycurgue tenter de couper à la hache des pieds de vigne. Dans la partie arrondie, Bacchus banquète avec le dieu Pan et des bacchantes. L’œuvre raconte comment le dieu du vin punit Lycurgue qui s’était attaqué à son cortège.

Cette composition très libre où les rinceaux se répandent sur toute la surface est magnifiée par la couleur verte de l’arrière-plan.

Tous les motifs figurés (êtres vivants et végétaux) sont surlignés par un filet de tesselles plus ou moins épais qui fait ressortir les éléments décoratifs.

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Lycurgue tentant de couper les ceps à la hache Détail de la mosaïque conservée à Saint-Romain-en-Gal (par Vassil (Own work) [CCO] via Wikimedia Commons

 Lycurgue est très bien représenté, un dégradé de couleurs est utilisé pour représenter sa musculature, tandis que  les convives sont plus rigides avec des membres inférieurs trop longs.

Cette différence de maîtrise technique tend à montrer la participation de plusieurs artistes sur la mise en place de ce dallage.

Les thèmes de la vie du dieu Bacchus sont fréquents dans l’art de la mosaïque car ces pavements décoraient souvent des salles à manger (comme c’était vraisemblablement le cas ici) ou des pièces de réception mais cet épisode-là est rarement représenté.

Les ateliers de mosaïstes ont rarement laissé des traces en archéologie, ils avaient besoin de peu de matériel : une enclume et un marteau suffisaient pour tailler les tesselles, ces petits carrés de pierre ou de pâte de verre, déposés sur le sol.

De plus, à l’époque antique, les mosaïques ne sont pas considérées comme de véritables œuvres d’art. Ainsi un décor abimé sera rarement réparé mais recouvert par une nouvelle pièce.

Pendant longtemps, seuls les panneaux figurés étaient conservés alors que les autres les mosaïques géométriques par exemple étaient considérées comme sans valeur et abandonnées.

C’est pourquoi, l’histoire des mosaïques est aujourd’hui encore en pleine construction. Le musée de Saint-Romain-en-Gal participe à la connaissance de ce domaine artistique par son atelier de restauration et par son implantation même sur un des quartiers de la Vienne antique.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les mosaïques en général et sur celles de Saint-Romain-en-Gal en particulier, je vous invite à regarder la vidéo passionnante du Canal éducatif à la demande sur la mosaïque du calendrier agricole conservée au Musée des Antiquités nationales.

Les deux photographies de l’article proviennent du site Wikimedia Commons.

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Le menu gastronomique

Voici un article un peu différent de ceux que vous trouvez habituellement sur ce blog car je souhaitais attirer votre attention sur un petit objet dont vous possédez sûrement des exemplaires oubliés dans un tiroir. Je veux parler du menu vous savez ce petit carton plus ou moins grand mis à la disposition des invités avec la liste des plats dans l’ordre de service.

Menu de baptême : 1er novembre 1856 (menu artistique : cuisiniers, pâtissiers …)

Repas du baptême d’Emile Jean Joseph Durantet 1er novembre 1856 Collection de la Bibliothèque municipale de Dijon M III 532

Au cours de l’année 2016, j’ai été amenée à mettre en place une petite exposition sur la gastronomie. J’ai choisi de présenter entre autres quelques menus. Je me suis rendu compte que cette petite pièce d’archive était une source importante d’informations et un peu négligée.
Car il s’agit d’un véritable marqueur culturel tant au niveau de la société que de la gastronomie.

Le menu apparaît au XIXe siècle lors du passage du service « à la française » c’est-à-dire que tous les plats sont présentés en même temps sur la table aux convives (comme une sorte de buffet) au service « à la russe » où les plats sont servis les uns après les autres (comme souvent aujourd’hui).
Il est plus ou moins décoré, peut-être fait à la main, objet publicitaire, en tissu…

Les menus retracent l’histoire de la gastronomie grâce à la liste des plats mais aussi celle d’une famille par les menus de mariage, de baptême… Ils montrent les réseaux de sociabilité aux travers des banquets.

Alors plutôt que de jeter vos menus, pensez à les confier à un service d’archives local qui les conservera avec soin comme une véritable pièce d’histoire.
Et si cet article vous a intéressé cliquez ici pour vous rendre sur le site internet de la bibliothèque municipale de Dijon où vous trouverez de nombreuses ressources patrimoniales sur les menus mais aussi le vin (bien sûr), le chocolat…

La photographie provient du site internet de la Bibliothèque municipale de Dijon.

Menu non utilisé avec publicité Biscuits Pernot (femme brune)

Alexandre Lenoir (1761-1839)

Lorsque j’ai décidé de faire une série sur les historiens d’art et du patrimoine, je ne pensais pas commencer par une personnalité aussi controversée qu’Alexandre Lenoir.

Salle d’introduction du Musée des Monuments français Jean-Lubin Vauzelle (Musée Carnavalet)

Pour moi, il était le créateur du Musée des Monuments français et par ce biais il avait protégé de nombreux monuments menacés de destruction. Aujourd’hui la réalité me semble un peu plus complexe.

Alexandre Lenoir est né à Paris le 25 décembre 1761 et meurt dans la même ville le 11 juin 1839.
Il reçoit une formation de peintre chez Gabriel-François Doyen.

En mars 1790, l’Assemblée constituante décréta la vente des biens du clergé, elle décida en même temps que les œuvres d’art et les archives devaient être protégées.
Une commission des monuments fut créée qui organisa des dépôts pour conserver les objets confisqués. Alexandre Lenoir fut chargé de la garde du dépôt des Petits-Augustins à Paris. Très vite, il agença la présentation des œuvres en petit musée qu’il ouvrit au public en 1795. Il rédigea des inventaires précis avec des notices descriptives de grande qualité.

Sa volonté de protéger les édifices (en particulier les tombeaux des rois à Saint-Denis) lui valurent de violentes altercations avec des vandales. Il paya de ses propres deniers plusieurs œuvres afin de les préserver.
Et c’est ce que lui reprochent certains historiens et archéologues de s’être comporté comme un collectionneur : démantelant certains monuments pour les exposer dans son musée, restaurant les pièces de manière abusive.
Ensuite Alexandre Lenoir est un autodidacte et ses théories sur l’influence égyptienne dans l’art du Moyen Age font sourire. De plus il voyait dans la Révolution une régénération de la France aussi en 1816 au moment de la Restauration, il fut mis à l’écart et n’eut plus que des fonctions secondaires.

Maintenant, je pense qu’Alexandre Lenoir est un homme de son temps : la notion de patrimoine est encore à ses débuts et varie selon les personnes. Mais si ces principes sont discutables, ses travaux pas très rigoureux, je ne peux qu’approuver sa volonté de faire connaître l’art à tous.

Illustration : Wikipedia

Crémieu

Vous êtes à la recherche d’une idée de week-end à la fois tranquille et patrimonial.

Alors, je vous propose une escapade dans le canton de Crémieu au Nord de l’Isère. Situé dans une boucle du Rhône, il offre des paysages variés où les falaises calcaire dominent la plaine ponctuée d’étangs et de nombreux sites  historiques méritent le déplacement.

En approchant de Crémieu, une cité d’origine médiévale, vous apercevrez les collines fortifiées qui dominent la ville : le château delphinal à l’ouest et les ruines du prieuré Saint-Hippolyte à l’est.

La première mention du  château delphinal date de 1222. Bien qu’il ait été abandonné au XVIIe siècle, Il conserve son aspect fortifié grâce à son donjon et son enceinte.

Le prieuré bénédictin Saint-Hippolyte est encore plus ancien puisqu’il remonte au XIIe siècle. Mais il fut rapidement abandonné et le site réutilisé pour être cultivé.

Crémieu conserve d’autres bâtiments religieux comme l’abbaye des augustins et le couvent de la Visitation.

L’abbaye des augustins (XIVe siècle) est construite contre le mur de l’enceinte, elle conserve son église devenue paroissiale à la Révolution et son cloître. Les autres bâtiments existent toujours mais ont été réaffectés.

le cloître de l’abbaye des augustins

Le couvent de la Visitation date du XVIIe siècle. Les Visitandines sont un ordre à la fois contemplatif et au service des pauvre.  Le site conserve encore son cloître et sa pharmacie. Le reste a été très modifié car le bâtiment a été progressivement racheté par la commune et  transformé en hôpital.

Mais c’est autour de la halle que s’est construit le bourg. Ce bâtiment évoque l’importance commerciale de la ville au Moyen age et garde encore ses mesures à grain. Les bois de charpente ont été coupés au milieu du XVe siècle (selon les analyses dendrochronologiques effectuées en 1994).

La halle

Les mesures à grains

En flânant dans les rues, on peut découvrir une vingtaine de maisons médiévales (XIII-XIVe siècle)s et le double datant de la Renaissance (XV-XVIe siècle).

Les environs de Crémieu sont également très intéressants avec de nombreuses maisons fortes rappelant la frontière entre le Dauphiné et la Savoie.

Au cours d’une promenade dans la campagne, vous verrez peut-être des pâlis : ce sont des plaques de calcaire (très présent dans tout le canton) délimitant les chemins.

Les pâlis

De nombreux peintres de l’école lyonnaise sont venus chercher l’inspiration dans cette nature contrastée : Auguste Ravier, Philippe Tassier….

Voici donc une idée de sorite qui devrait plaire aux amateurs de vieilles pierres et aux fans de randonnée.

Toutes les photos sont de l’auteur.

 

 

Cours en ligne de la cité de l’architecture et du patrimoine

La cité de l’architecture et du patrimoine Chaillot propose des cours publics hebdomadaires à partir du 4 novembre voici le programme ci-dessous.  Les cours des années précédentes sont également à retrouver sur le site de la cité de Chaillot : http://webtv.citechaillot.fr/

A l’entrée du XXe siècle, l’ornement d’architecture s’affirme comme un nouveau témoin de la scène artistique contemporaine. Souvent lié dans l’histoire au système constructif de l’édifice, il est chargé d’amplifier son identité et sa beauté et témoigne de l’évolution matérielle et technique de la commande. Les cours de l’École de Chaillot mettent en valeur l’extrême diversité du corpus architectural français, ainsi que  les continuités et ruptures inscrites dans l’art de bâtir. En 2013-2014, ils proposent de s’intéresser dans un même mouvement aux théories et pratiques ornementales depuis l’antiquité jusqu’aux tendances contemporaines. En parallèle, deux journées d’étude les 25 et 26 mars seront consacrées à l’ornement : « Interpréter l’ornement », « Restaurer l’édifice ».

Annonce

L’ornement d’architecture. Héritage et innovations, controverses

Les Cours publics 2013-2014 de l’école de Chaillot proposent d’aborder dans un même mouvement les théories et les pratiques ornementales depuis l’Antiquité jusqu’aux tendances contemporaines de « l’esthétique de la différence ».

Les jeudis du 4 novembre 2013 au 10 avril 2014 (18h30 à 20h30)

Lundi 4 novembre 2013

Antoine Picon – Conférence introductive

L’ornement architectural, entre subjectivité et politique

Jeudi 14 novembre 2013

Gilles Sauron – La révolution ornementale au temps d’Auguste (1er siècle avant-1er siècle après J.C.)

Jeudi 21 novembre 2013

Pascal Liévaux – La fabrique de l’ornement. Une histoire de la création ornementale du Moyen Âge au XX siècle.

Jeudi 28 novembre 2013

Philippe Plagnieux  – Ornement médiéval et quête spirituelle

Jeudi 5 décembre 2013

Étienne Hamon – L’ornement flamboyant : les paradoxes d’une apothéose  (XVe-XVIe siècles)

Jeudi 12 décembre 2013

Catherine Chédeau – « Des enrichissements et des ornements», l’architecture française de la Renaissance.

Jeudi 9 janvier 2014

Alexandre Gady – « Ornement… ou pas ? Pratiques et théorie des ornements dans l’architecture française du XVIIe  »

Jeudi 16 janvier 2014

Dominique Massounie – L’architecture, maîtresse des arts ?

Lundi 20 janvier 2014

Jean-Michel Leniaud – Le XIXe, un siècle d’ornements en architecture

Jeudi 30 janvier 2014

Jean-Philippe Garric – Charles Percier (1764-1838) et le renouveau de l’ornement au seuil de la période contemporaine.

Jeudi 6 février 2014

Valérie Nègre – L’ornement à l’époque de sa reproduction mécanisée (1770-1851)

Jeudi 13 février 2014

Estelle Thibault – Gottfried Semper, de la polychromie aux arts textiles. Les leçons de l’Exposition universelle de Londres (1851)

Jeudi 6 mars 2014

Simon Texier – Paris (1880-193), capitale de l’ornement ?

Jeudi 13 mars 2014

Marie Jeanne Dumont  – Le Corbusier : une éducation artistique par l’ornement

Jeudi 20 mars 2014

Roberto Gargiani – Ornement et construction

Jeudi 27 mars 2014

Brenda Lynn Edgar – Parure plane, motif éphémère : ornement photographique et architecture au XXe siècle

Jeudi 3 avril 2014

Valery Didelon – Le retour de l’ornement : une controverse postmoderne

Jeudi 10 avril 2014

Lectures de l’ornement contemporain

Article publié par le vendredi 13 septembre 2013 par Luigia Parlati http://calenda.org/259282

Evêques, clercs et religieux à l’époque romane

Voici le programme d’un autre colloque qui se tiendra à Issoire dans le Puy-de-Dôme les 18 et 19 octobre 2013. Il aura pour sujet : »Evêques, clercs et religieux à l’époque romane »

Programme des communications

Vendredi 18 octobre

14h Accueil des participants

14h15 Discours de Monsieur le Maire de la ville d’Issoire

14h30 Introduction

L’évêque, seigneur temporel et guide spirituel

15h Nathanaël NIMMEGEERS, Casa de Velázquez : « Episcopus et comes ? Réflexions sur les seigneuries épiscopales au sud de la Loire (IXe-XIe siècles) ».

15h30 Rémy ROQUES, Direction des archives de la Poste, Paris : « L’évêque de Clermont Robert : une seigneurie épiscopale et ses relations avec les pouvoirs laïcs ».

16h Discussion et pause

16h45 Mercedes LÓPEZ-MAYAN, doctorante, Université Saint-Jacques de Compostelle : « Vers la romanisation de la liturgie épiscopale : une approche des pontificaux castillans du XIIe et du XIIIe siècles ».

17h15 Mariacristina VARANO, archéologue, Université d’Aix-Marseille : « Autour de l’église Saint-Mary de Forcalquier (04) : essor et évolution d’un nouveau pôle épiscopal (XIe-XIIIe siècles) ».

Samedi 19 Octobre

Prélats admirés, prélats contestés

9h Igor FILIPPOV, Professeur à l’Université Lomonossov de Moscou : « À deux pas de la sainteté : abbés et évêques presque canonisés ».

9h30 Annick GAGNÉ, doctorante à l’Universités de Poitiers et de Laval à Québec : « La nomination de l’évêque dans les inscriptions de consécration (France VIIIe-XIIIe siècle) : pouvoir de l’écrit ou pouvoir du prélat ».

10h Ghislain BAURY, Université du Maine : « L’évêque et les moniales des ordres nouveaux : l’exemption chez les cisterciennes de Castille (XIIe-XIIIe siècles) ».

10h30 Discussion et pause

11h15 Martine JULLIAN, Université de Grenoble II : « L’archevêque, ce héros ! À propos du linteau de la cathédrale d’Angoulême ».

11h45 Emmanuel GRÉLOIS, Université de Rennes II : « Étienne II (av. 943-984), la Vierge et la cathédrale de Clermont : la fin d’un mythe historiographique ? ».

12h15 Discussion et pause déjeuner

Monuments et objets

14h30 Nadège BAVOUX, Docteur en histoire médiévale, Université de Grenoble II : « Le vêtement liturgique : formation d’un objet identitaire (XIIe-XIIIe siècle) ».

15h Maritchu ETCHEVERRY, doctorante à l’Université de Toulouse : « Le patronage artistique d’un évêque français à Pampelune au temps de la Réforme grégorienne : Pierre d’Andouque et le chantier de la nouvelle cathédrale ».

15h30 Juliette MASSON, archéologue, Bordeaux : « Geoffroy du Loroux et l’unité de ses fondations augustiniennes : concevoir l’« église-monument » à l’image du message réformateur ».

16h Discussion et pause.

16h30 Raquel ALONSO-ÁLVAREZ, Université d’Oviedo : « Les évêques d’Oviedo (XIe-XIIe siècles) et la réutilisation de la tradition dans des nouveaux contextes historiques et liturgiques : textes et objets».

17h Miljenko JURKOVIĆ, Université de Zagreb : « Monuments de la Croatie romane ».

17h30 Conclusion : Jean-Luc FRAYImage

Actualités de la recherche en histoire, histoire de l’art et archéologie médiévale en Auvergne

18h Francine SAULNIER : quelques mots sur un récent colloque consacré à Saint-Césaire d’Arles.

Annie REGOND : présentation des Actes « Temps et célébrations à l’époque romane ».

Les horaires, les ordres de passage et les titres peuvent être sujets à modifications.

Illustration: Eglise abbatiale Saint-Austremoine d’Issoire depuis la Tour de l’Horloge (cliché Muriel Pichon)

Bêtes, monstres et animaux fantastiques

Je vous transmets le programme du colloque qui se tiendra à Paray-le-Monial les 5 et 6 octobre 2013. Il est organisé par l’Association des Amis de la Basilique.


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Basilique de Paray-le-Monial (source Wikipedia, photographie de Jan Sokol)

Bêtes, monstres et animaux fantastiques dans l’art médiéval

            Les sirènes accueillant le visiteur dans la basilique de Paray-le-Monial appartiennent à ces êtres fantastiques qui peuplaient l’imaginaire du Moyen Age, en compagnie de monstres, d’animaux exotiques et de bêtes de nos contrées. Et le couple de sirène – avec poisson ! – en embuscade à l’entrée du déambulatoire est un délicieux clin d’œil du XIIe siècle à l’amateur d’art roman, une preuve du sens de l’humour qu’avaient les artistes du XIIe siècle et de la liberté dont ils bénéficiaient.

[…] L’origine de toutes ces significations est à chercher dans l’héritage antique – les mythes, les récits fantastiques comme la Vie d’Alexandre le Grand, les encyclopédies comme celle de Pline l’Ancien -, les textes de la Bible qui apportent à l’Occident médiéval leur part d’orientalisme, les réalités de la vie quotidienne partagées entre les brebis, les cochons, les poules, les loups, les renards… Ces décors zoomorphes sont donc plus qu’un ornement. Ils reflètent la société et interprètent des scènes de la vie quotidienne. Ils s’inscrivent dans la lignée d’une pensée religieuse qui intègre même la poule et ses poussins, image de l’Eglise protégeant ses fidèles. Ils font ressurgir du tréfonds des consciences ces angoisses qui prennent les dormeurs ou les voyageurs nocturnes, les chasseurs et les chevaliers de roman. Des angoisses qui appartiennent aussi à un très lointain passé culturel.

 Nicolas Reveyron

Professeur d’Histoire de l’art et Archéologie, IUF

Université Lyon 2

 

Intervenants et thèmes abordés

  • Rémy Cordonnier, docteur en histoire de l’art, Lille III, CNRS, L’iconographie de la faune biblique : quand la réalité devient merveille.
  • Hélène Gambier, Université de Namur : Cetus ? Lacovie ? Aspichodelone ? : La baleine au moyen âge, entre mythe et réalité.
  • Nathalie LELUEL, maitre de conférence, Université catholique d’Anger : singer les hommes pour mieux servir d’exemple : l’utilisation des fables animales dans le décor monumental des églises romanes.
  • Jacqueline LECLERCQ-MARX, professeur d’art du Moyen Age occidental, Université libre de Bruxelles : la sirène antique et médiévale entre séduction de mort et tentation de vie
  • Nicolas REVEYRON, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie, IUF, Université Lyon 2 : la figuration d’animaux dans la cathédrale de Lyon.
  • Pauline GENDRY, élève conservateur du patrimoine, Institut national du patrimoine (Paris) : Codifier les traditions de la communauté monastique : l’ordinaire liturgique et son ancrage local.

Enfin, à l’occasion de la restauration du prieuré bénédictin de Paray, en vue de l’installation du Centre d’Interprétation du Patrimoine du Charollais-Brionnais, Jean Noël BARNOUD, historien, interviendra sur le prieuré de Paray au XVIIIe siècle

Pour plus d’informations :  http://amis-basilique-paray.fr/