Gustave Doré

Gustave Doré (Strasbourg 6 janvier 1832- Paris 23 janvier 1883)

Autodidacte, original, ambitieux tels sont les qualificatifs pour définir Gustave Doré.

Autodidacte car il a commencé à crayonner dès l’âge de 4 ans sûrement en regardant son père ingénieur des Ponts et Chaussées. Ses premiers dessins conservés comme le Danger de patiner (réalisé soit vers 8 ans) sont impressionnants de maîtrise.

En 1847, il est engagé par Charles Philippon, le patron du journal satirique Le Charivari. Gustave devient alors dessinateur de presse mais il s’intéresse peu à l’actualité politique, il préfère caricaturer ses contemporains notamment les bourgeois.

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« Son imagination se remplit de tout ce qu’il avait lu… » Illustration du 1er chapitre de Don Quichotte de La Manche par Michel Cervantès 1863

A partir de 1855, il entreprend d’illustrer sur des formats in-folio tous les classiques de la littérature (Dante, Shakespeare, Rabelais…) mais aussi des auteurs contemporains comme Edgar Allan Poe. Chaque illustration lui demande un important travail de documentation, chacune est un véritable petit tableau qui invite à vivre l’histoire. Il réalise ses œuvres sur bois dur (en général du buis) qu’il confie ensuite à des graveurs selon leurs compétences (figures, scènes nocturnes, paysages…). Il a collaboré avec près de 160 artisans de différentes nationalités (français, italiens, anglais…) car il était très prolifique et nous connaissons environ 10 000 illustrations de sa main.

A partir de 1849, il veut devenir peintre, il commence par des aquarelles représentant des paysages de montagne puis il se lance vers la peinture d’histoire.

Après 1871, Doré se met sans formation à la sculpture, ses pièces souvent allégoriques, sont ambitieuses et la plus part du temps extravagantes.

Car Doré est un original, il pouvait arriver à une soirée en marchant sur les mains et son art lui ressemble.

Ainsi ses statues sont audacieuses si nous regardons Roger et Angélique : œuvre en 2 parties en bas nous voyons l’héroïne attachée à un rocher entourée par le corps d’un dragon dont la tête est traversée par la lance du chevalier juché sur son hippogriffe. C’est l’arme qui relie les 2 morceaux. L’effet rendu est très étonnant.

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Roger et Angélique (1879, statuette en bronze conservée à Milly-La-Forêt, association Jean Cocteau

De même nombre de ses réalisations picturales nous entrainent dans un nouveau monde.  Les forêts, en particulier, sont impressionnantes que ce soient celles de L’Enfer de Dante ou de La Belle au bois dormant de Charles Perrault. Elles expriment l’inquiétude mais aussi la grandeur d’un tel lieu.  Ses paysages de montagnes sont également frappants, ils  sont  proches des paysages romantiques  par l’absence de personnage et par l’importance donnée à la nature sauvage.  Les tableaux historiques sont traités de manière gigantesque (Le Christ quittant le prétoire est une huile sur toile conservé au Musée des Beaux-Arts de Nantes et mesure 482*722cm).

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Souvenir de Loch Lomond (1875, huile sur toile, conservée à New York, Franch et Company)

Par cette production, Gustave Doré est à l’opposé du travail des impressionnistes. Un de ses biographes pense que c’est pour se démarquer d’eux qu’il peint ainsi. En effet Gustave Doré est très ambitieux tout son parcours depuis les années 1850 est tracé pour être reconnu comme un artiste à part entière, un peintre d’histoire (classification la plus élevée dans la hiérarchie des arts). Pour y arriver, il va mettre en scène son exceptionnel talent soit en ouvrant son atelier au public soit en posant pour Nadar, son ami de longue date.

Mais lorsqu’on est autodidacte comme Doré et que l’on a souvent caricaturé les bourgeois, il est difficile d’être accepté par les tenants de la tradition. Les critiques seront particulièrement virulentes contre lui, les frères Goncourt écrivent que : …   «le papier peint vaut mieux. » que les toiles de Gustave Doré.

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Les Saltimbanques dit l’Enfant blessé (1874, huile sur toile conservée au Musée de Clermont-Ferrand)

Il était un être généreux (il finançait un orphelinat dans la banlieue parisienne), il s’intéressait aux gens pauvres et comprenait le malheur. Son tableau Les Saltimbanques ou l’Enfant blessé me bouleverse chaque fois que je le regarde.  Aujourd’hui, l’œuvre de Gustave Doré est remis en valeur et c’est tout à fait mérité pour cet artiste qui a influencé les premières bandes dessinées et des cinéastes comme (Cocteau ou Tim Burton).

D’ailleurs n’avez-vous pas en tête une illustration d’un conte de Charles Perrault tandis que vous lisez ces lignes ?

Toutes les illustrations proviennent du site internet de la BNF dans les pages de l’exposition virtuelle consacrée à Gustave Doré dont voici le lien : http://expositions.bnf.fr/orsay-gustavedore/index.htm

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Chardin

Voici un peintre que j’aime beaucoup : Jean Siméon Chardin (1699 Paris – 1779 id).

Chardin est un artiste à part de la communauté artistique français du XVIIIe siècle. Il n’a peint que des natures mortes, des scènes de genre et des portraits.

Pendant sa formation, il a travaillé chez plusieurs peintres mais il n’a pas eu de maître en particulier.

En 1724, il est reçu à l’Académie de Saint-Luc et en 1728 à l’Académie royale  comme peintre de fruits et d’animaux.

La plupart de ses tableaux sont organisés sur le même modèle : un cadrage resserré, un sujet qui détache d’un fond sombre.

La Brioche, huile sur toile conservée au musée du Louvre, peinte en 1763, 47*56 cm

Ses natures mortes sont parmi les plus belles de la peinture française, chaque élément peint sur la toile semble avoir une existence propre. Diderot écrit dans sa description du Salon de 1863 « …les objets sont hors de la toile et d’une vérité à tromper les yeux. »

Ses scènes de genre sont de sereines images de la vie quotidienne. Il ne peindra des figures qu’après 1730 mais ce ne sont pas des portraits comme nous pouvons les retrouver chez d’autres peintres ceux de Chardin sont plutôt des scènes d’intimité.

Le Château de cartes huile sur toile conservée à la National Gallery de Londres, peinte en 1736-37, 60*72 cm

Chardin peignait très lentement : il arrivait que les victuailles servant de modèles à ses tableaux s’abiment avant qu’il ait terminé. De plus il réalisait des séries, des variations d’un même sujet. Il a peint quatre versions de La Pourvoyeuse. Cela explique que la production de cet artiste soit peu importante.

Il se dégage de la poésie des œuvres de Chardin qui disait lui-même : «  On se sert de la couleur – on peint avec le sentiment. »