Le Combat de Carême et Carnaval de Peter Bruegel (version longue)

https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/11/Le_combat_de_Carnaval_et_de_Car%C3%AAme_Pieter_Brueghel_l%27Ancien.jpgLe Combat de Carême et Carnaval par Peter Bruegel (vers 1525 Breda -1569 Anvers) est une huile sur toile conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, elle mesure 118cm par 164.5 et date de 1559.

Pour faire suite à l’article sur La Nef des fous de Jérôme Bosch, voici le Combat de Carême et de Carnaval de Peter Bruegel. Les deux peintres sont originaires du même lieu et ont un fond commun dans les domaines de l’iconographie et des idées.

Bruegel représente, sur la place d’un village flamand reconnaissable aux façades à pignon, de nombreux groupes de personnages indépendants les uns des autres. La composition est éloignée et en contre-plongée. Le tableau n’est pas organisé selon une perspective précise comme en Italie à la même époque: les bâtiments ferment la scène, les lignes directrices sont peu marquées et il n’y a aucun point de fuite. Les tons chauds dominent la toile même si des couleurs plus vives sont utilisées pour faire ressortir les personnages de l’arrière-plan.

Les multiples groupes de personnages donnent une impression de fourmillement, c’est un procédé que Bruegel a utilisé dans plusieurs compositions comme Les Proverbes, Jeux d’enfants. Notre regard est un peu perdu. Toutefois la scène du tableau qui attire le plus l’œil est au premier plan et donne son titre au tableau. Deux files de char se font face et s’affrontent. Le peintre oppose les catholiques (les partisans du Carême) et les protestants (le Carnaval) aucun des protagonistes n’est mieux traité que son adversaire, Carnaval est présenté comme un homme à califourchon sur un tonneau et Carême comme un être austère maigre et au teint jaunâtre. Pourtant ce combat n’est pas violent. L’église d’où sortent les partisans de Carême est à peine décrite : rose en façade, piliers.

Nous voyons également des détails de la vie quotidienne comme les mendiants peints sans complaisance (thème qui sera repris par Bruegel dans une autre toile), une femme nettoie les vitres d’une maison. D’autres sont plus étonnants ainsi le coupe qui suit un bouffon tenant un cierge allumé alors qu’il fait jour.

Le Combat de Carême et Carnaval est un épisode des carnavals urbains que l’on retrouvait dans une partie de l’Europe aux XVe et XVIe siècles. Il reste une quarantaine de textes décrivant ce moment du calendrier.

L’œuvre de Peter Bruegel est complexe et difficile à interpréter tout comme celle de Bosch, mais à la différence de son prédécesseur, Bruegel pense que l’Homme n’est pas forcément mauvais et que le Salut peut être possible.

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