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Posts Tagged ‘Louvre’

Après Sainte-Anne, la Vierge et l’Enfant en 2011-2012, la Belle Ferronnière  en 2014-2015, c’est autour de Saint Jean-Baptiste de quitter les salles d’exposition du Louvre pour les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de France.

Le tableau va être nettoyé, les restaurateurs vont essayer avant tout de retirer les couches superflues de vernis qui oxydent la surface de l’œuvre et empêchent de voir les détails. Ainsi la croix, la peau de bête et même les cheveux sont quasiment devenus invisibles.
Le tableau sera donc absent des cimaises du Louvre jusqu’à une date indéterminée. Sébastien Allard, directeur du département des peintures du musée,  rappelle qu’on ne connait pas le temps que nécessitera une restauration avant de l’avoir vraiment commencée.
Le panneau a été très étudié en amont et parait sain mais une mauvaise surprise est toujours possible.
Photographie provenant du site du musée du Louvre http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=13846

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Aphrodite dite Vénus Génétrix est un des chefs d’œuvre du département des sculptures antiques du Musée du Louvre. Cette ronde-bosse en marbre de Paros est la copie romaine d’un bronze de Callimaque (un sculpteur athénien de la fin du Ve siècle après J.-C.). Elle mesure 1.64m de haut.


La déesse semble sortir de son bain, d’une main elle ramène son vêtement, de l’autre elle tient la pomme de Pâris. Le drapé mouillé met en valeur son corps bien plus qu’il ne le cache. L’inclinaison de la tête rend la déesse plus humaine ainsi elle paraît se pencher avec bienveillance vers le fidèle. La fin du Ve siècle avant Jésus-Christ est pour les Athéniens une période de doute à cause des épidémies de peste et de la guerre du Péloponnèse qui oppose les cités grecques entre elles. Les hellènes ont besoin de dieux qui leur ressemblent. C’est la première fois que l’on voit le sein d’une déesse, la nudité féminine était réservée à la courtisane des vases de banquet.
Mais encore une fois le visage est intemporel, impassible et seuls la chevelure et l’ajout de bijoux (les lobes d’oreilles sont percés) le rendent féminin.
Callimaque s’est inspiré des travaux de Polyclète : la jambe fléchie est en arrière et repose sur la pointe du pied, cette attitude crée du mouvement et une tridimensionnalité nouvelle. De plus ce déplacement se répercute dans le reste du corps : la ligne des hanches et celle des épaules sont inversées.

Cette sculpture faisait partie des collections royales et a été longtemps exposée dans les jardins des Tuileries puis de Versailles. En 1803, elle fut saisie et intégrée dans les collections du Louvre.

Illustration : wikipédia

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Cette sculpture en marbre, conservée au musée du Louvre,  représente une koré c’est à dire une jeune fille. Elle provient du sanctuaire d’Héra dans  l’île de Samos où elle fut découverte en 1875. Elle mesure 2 m de haut et les historiens situent sa création vers 570-560 avant Jésus-Christ. L’artiste est resté, comme souvent, anonyme.

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Koré de Samos conservée au Musée du Louvre

Nous voyons une femme acéphale, debout sur une plinthe ronde, sa main gauche repliée sur sa poitrine devait tenir un objet métallique dont il reste seulement la trace de fixation. Elle porte le costume traditionnel composé de trois superpositions : le chiton est le vêtement à plis très fins, le manteau fixé sur le bras droit s’appelle l’hymation puis vient l’épiblèma, un voile, qui devait recouvrir la tête.

Cette koré est une offrande à la déesse Héra, une dédicace gravée sur la bordure du voile permet de connaitre le dédicataire : Chéramyès, un membre de l’aristocratie ionienne. L’ex-voto était plus important car en 1984, une sœur jumelle à la koré de Samos a été retrouvée.

Sous les vêtements, l’artiste donne l’image d’un corps véritable : renflement du ventre, poitrine haute. Il joue avec les textures des vêtements : la légèreté du voile contraste avec les plis parallèles et serrés du chiton. De plus voyez le manteau de laine est fixé sur l’épaule par une série dépingles qui forment une suite de plis en éventail.

Les sculptures féminines se retrouvaient avant tout dans les sanctuaires, elles étaient les servantes des déesses.

Illustration : wikipedia commons

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Autoportrait de Nicolas Poussin (1594 Les Andelys -1665 Rome) peint en 1650, il s’agit d’une  huile sur toile conservée au musée Louvre et mesurant 78 cm de large par 94 cm de haut.

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Autoportrait de Nicolas Poussin conservé au musée du Louvre (source the York project)

Le mécène et ami de Poussin, Paul Fréart de Chantelou souhaitait posséder un portrait du peintre. Il fait appel à lui non pour qu’il en soit l’auteur mais pour qu’il confie la tâche  à un portraitiste de Rome. Après réflexion, Poussin s’engage à peindre lui-même, non plus un, mais deux autoportraits, car un autre amateur, Jean Pointel, lui passa commande.

 Nicolas Poussin se représente en buste de trois-quarts, au centre de la composition. Sa tête  légèrement détournée donne un effet vivant plus qu’une pose frontale, l’illusion de profondeur est créée  par le biais des épaules en raccourci. L’ouverture donnée par les épaules vers la droite est contrariée par le regard légèrement tourné vers la gauche. Les traits du visage sont précis, il est grave et sévère marqué par des rides d’expression. La lumière rasante éclaire le côté gauche et laisse le droit assez imprécis. Il s’agit d’une représentation sincère et sans concession de l’artiste.

L’arrière-plan de l’œuvre est construit par des cadres de tableaux qui renforcent un plus l’idée de profondeur. Une des toiles est partiellement visible et montre une femme portant un diadème, Stéphane Loire (conservateur en chef du département des peintures du Louvre) y voit une allégorie de l’amitié, d’autres pensent que c’est la figure de la peinture.

L’inscription latine à la droite de Poussin signifie portrait du peintre Nicolas Poussin des Andelys, âgé de 56 ans, fait à Rome en 1650, cette présentation reste modeste. Poussin demeure très direct sur sa réussite sociale, hormis, le diamant de sa bague on ne trouve pas de volonté ostentatoire. Pourtant son autoportrait ne porte pas les outils du peintre (pinceau, palette).

 Ce tableau va en grande partie contribuer à imposer de lui l’image d’un artiste classique, d’une profondeur que l’on rencontre rarement chez ses contemporains.

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Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus  du musée du Louvre est un tableau peint par Léonard de Vinci à partir de 1503 jusqu’à sa mort en 1519, il s’agit d’une huile sur bois (du peuplier pour être plus précise). Il mesure aujourd’hui 168*130cm, à l’origine il était un peu plus petit des panneaux latéraux ont été ajoutés par la suite pour amplifier la composition.

Dans un paysage, Léonard représente sainte Anne tenant la Vierge sur ses genoux qui, elle, se penche vers l’Enfant jouant avec un agneau symbole de son sacrifice.

Le peintre a réalisé de nombreuses études avant ce tableau que l’on considère comme inachevé.  La palette de cette œuvre est réduite. Le modelé est obtenu par les dégradés des couleurs. La restauration récente du centre de recherche et de restauration des musées de France  a permis de retrouver l’éclat des coloris et de voir les détails des montagnes de l’arrière-plan.  La couche picturale est très fine et laisse parfois apparaître l’esquisse sous-jacente.

Le tableau est construit à partir de pyramides s’imbriquant les unes dans les autres. On pourrait confondre les membres des différents protagonistes. L’axe central est donné par sainte Anne,  Léonard a peint un gouffre au premier plan qui éloigne le sujet du spectateur.

Léonard a utilisé la perspective atmosphérique pour créer la profondeur du paysage et un léger sfumato (un voile vaporeux) enveloppe la composition lui donne son unité.

Ce type d’image est appelé sainte Anne trinitaire, l’œuvre relate un fait symbolique mais pas historique car selon la tradition sainte Anne meurt avant la naissance de Jésus.

La restauration a rendu sa splendeur au tableau et montre toute la technique picturale de Léonard de Vinci.

Illustration : Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant de Léonard de Vinci, musée du Louvre, source web gallery of art

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Sur son site internet, le musée du Louvre présente une série de conférences en ligne sur les couleurs du Moyen-Âge.

Ce sont cinq cours d’initiation à l’histoire des arts donnés à l’automne 2012 par Michel Pastoureau, médiéviste, historien des représentations et directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études (EPHE). Les conférences, d’un peu plus d’une heure chacune, s’adressent aux non spécialistes, qui semblent avoir été nombreux à se présenter au Louvre pour ces conférences et à qui on réserve une période de questions d’une quinzaine de minutes à la fin de chaque séance. Les conférences sont passionnantes même quand l’historien traite de son sujet sans l’appui d’images ; il affirme à un moment ne pas avoir osé ajouter de textes à ses documents Powerpoint parce que l’utilisation du logiciel est trop nouvelle pour lui. On le croit sur parole ; la qualité de son discours, la clarté du contenu comme de la forme, son érudition suscitent un intérêt qui ne faiblit pas tout au long des cours. La parole seule du conférencier assis à une table devant la salle, pratiquement sans bouger, est tout aussi passionnante que dans les moments où les informations sont appuyées par des exemples illustrés. Les conférences de Michel Pastoureau, aux grandes qualités d’érudit et de communicateur, rappelleront sans doute aux internautes leurs meilleurs professeurs.

La première conférence de la série sert d’introduction aux quatre suivantes et porte sur la difficulté de construire une histoire de la couleur, à cause, notamment, du passage du temps qui a transformé les couleurs d’origine des sculptures, des peintures, des tapisseries et des oeuvres architecturales mais aussi à cause des écarts entre l’éclairage changeant de la flamme de la bougie utilisée au Moyen Âge  et l’éclairage électrique plus uniforme et statique que nous utilisons pour consulter et admirer les oeuvres aujourd’hui. Pastoureau précise aussi, dans une langue admirable de clarté, les difficultés méthodologiques associées au choix des couleurs comme sujet d’étude, surtout quand on veut analyser les aspects esthétiques et oniriques des couleurs médiévales. Il souligne l’importance de ne pas projeter les savoirs actuels dans le passé, et donne l’exemple du bleu, qui était considéré, à l’époque médiévale, comme une couleur chaude, contrairement au classement actuel.

La deuxième séance est consacrée aux pigments et aux colorants du Moyen Âge ; le conférencier y évoque les analyses récentes de laboratoire qui ont beaucoup apporté aux connaissances sur les couleurs de l’époque médiévale. Il rapporte également les recherches faites à partir de documents d’archives comme les recueils de recettes de couleurs de l’époque, qui ne précisaient ni les durées ni les quantités, sans compter leur aspect multilingue qui rend leur analyse assez complexe. Toute une partie de ce deuxième cours décrit les différents pigments de l’époque en précisant leur provenance géographique, leur origine végétale, minérale ou animale : le bleu du lapis-lazuli ou de l’indigo, le jaune de l’or piment, le noir des bois calcinés…  Des informations qui pourraient devenir austères mais qui s’avèrent  passionnantes grâce à la riche mise en contexte et aux explications limpides du conférencier.

Les trois autres conférences en ligne qui composent la série traitent des codes vestimentaires au Moyen Âge et des colorants utilisés à cette époque par les teinturiers, des couleurs du blason et de leur symbolique ainsi que de la « révolution bleue » des XIIe et XIIIe siècles.

C’est une série captivante que le Louvre propose ici, un voyage dans le temps où Michel Pastoureau fait office de guide, un médiateur exceptionnel qu’on voudrait pouvoir suivre dans les salles des musées ou dans les cathédrales pour pouvoir comprendre toute une époque par ses couleurs.

Ressources

Les couleurs du Moyen-Âge par Michel Pastoureau [consulté le 24 juin 2013] : http://www.louvre.fr/les-couleurs-du-moyen-agepar-michel-pastoureau

Images : Captures d’écran des conférence en ligne de Michel Pastoureau « Les couleurs du Moyen-Âge » sur le site du musée du Louvre

Article de Francine Clément paru sur Thot cursus le 24 juin 2013 http://cursus.edu/dossiers-articles/dossiers/124/decompresser/articles/20388/couleurs-medievales-comme-vous-etiez/

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