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Posts Tagged ‘musée du louvre’

L’année 2016 marque les 500 ans de la mort du peintre hollandais Jérôme Bosch (né vers 1450-mort en 1516).
Pour commémorer l’évènement deux importantes expositions sont organisées l’ une à dans la ville natale de l’artiste Bois-le-Duc (avec de nombreuses autres animations) et l’autre au musée du Prado.

Cet anniversaire a été l’occasion de plusieurs avancées dans la connaissance de l’œuvre de cet artiste à l’imaginaire foisonnant.
Ainsi les restaurations menées entre 2013 et 2015 par madame Agnès Malpel du centre de recherche et de restauration des musées de France sur le tableau intitulé la Nef des fous (article que j’ai écrit il y a 3 ans)  ont permis de confirmer l’hypothèse selon laquelle ce panneau appartenait à une œuvre plus importante évoquant des péchés capitaux . L’autre moitié de la Nef des fous est un tableau conservé à Yale University Art Gallery de New Haven, l’ensemble évoquerait la gourmandise et la luxure.

La Nef des fous de Jérôme Bosch conservée au Musée du Louvre

De plus le Bosch Research and Conservation Project (BRCP) a attribué une nouvelle œuvre à Jérôme Bosch : une Tentation de saint Antoine conservée au musée de Kansas City . Là aussi, il s’agit d’une huile sur bois appartenant vraisemblablement à un panneau plus important et qui a été découpé à une date inconnue.

Ce peintre hors-norme méritait bien une telle rétrospective.

Pour en savoir plus : http://info.arte.tv/fr/la-renaissance-de-jerome-bosch http://www.telerama.fr/scenes/la-tentation-de-saint-anoine-jerome-bosch-pour-une-toile-de-plus,137838.php

La photographie de la Nef des fous provient du site Web Gallery of Art : http://www.wga.hu/art/b/bosch/5panels/11shipfo.jpg

 

 

 

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La toilette d’Esther est une huile sur toile peinte par Théodore Chassériau (1819 Saint-Domingue – 1856 Paris) en 1841. Ce petit tableau (45.5 cm par 35.5 cm) est conservé au Louvre depuis 1934 à la suite du legs de la collection du baron Arthur Chassériau.

esther

La Toilette d’Esther par Théodore Chassériau, Musée du Louvre

Au premier plan, se trouve Esther assise à demi-nue entourée d’une servante et d’un eunuque. La jeune femme se coiffe dans une pose sensuelle. Son attitude n’est pas très naturelle et rappelle que Chassériau était un élève d’Ingres qui utilisait lui aussi des poses non anatomiques pour privilégier le dessin (voir l’article sur La grande odalisque).
Mais contrairement à son maitre le jeune peintre (il a seulement 22 ans au moment de la réalisation de cette œuvre) accorde beaucoup d’importance à la couleur comme le montre l’étoffe qui recouvre les jambes de l’héroïne ou l’aspect des bijoux. Cela donne un aspect raffiné au tableau.
Le cadrage serré (les personnages secondaires sont coupés) et l’absence de profondeur donnent l’impression d’une scène chargée.

L’artiste figure un épisode biblique tiré du livre d’Esther rarement illustré par les peintres. La jeune juive se prépare à rencontrer pour la première fois le roi perse Assuérus (ou Xérès) qui cherchait une nouvelle épouse parmi les plus belles femmes de son royaume. Les artistes préféraient représenter le moment où elle plaide la cause du peuple juif.
Le choix d’un tel sujet religieux permettait à Théodore Chassériau de contourner la censure et de présenter au Salon un nu féminin dégageant un fort érotisme.

Ce tableau évoque par la peau de tigre utilisée comme tapis, la servante voilée également le goût de l’Orient un courant très à la mode chez les artistes du XIXe siècle. L’Orientalisme se retrouvait dans de nombreux domaines artistiques et décoratifs comme la peinture mais aussi la littérature comme le montrent Salammbô de Flaubert, les voyages de Pierre Loti ou en arts décoratifs avec les travaux du verrier Philippe-Joseph Brocard (1831-1896).

L’œuvre sera très critiquée par les contemporains de Chassériau car ils trouvaient étrange l’atmosphère qui s’en dégage. D’ailleurs, c’est un artiste qui ne sera pas reconnu à sa juste valeur car perçu à la fois comme élève d’Ingres et suiveur de Delacroix. Pourtant, c’est un peintre inclassable qui mérite une plus grande notoriété.

La photographie provient du site Web Gallery of Art http://www.wga.hu/support/viewer/z.html

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Le portrait de Madame de Sorquainville est une huile sur toile de Jean-Baptiste Perronneau (vers 1715 Paris – 1783 Amsterdam) conservée au Musée du Louvre. Elle mesure 101 cm de haut par 82 de large. Elle est datée de 1749.

Portrait de Madame de Sorquainville par Jean-Baptiste Perronneau. Musée du Louvre

Madame de Sorquainville, épouse d’un conseiller au parlement de Rouen est peinte par Jean-Baptiste Perronneau à l’âge de 52 ans. Assise dans un fauteuil et accoudée sur un coussin posé sur une console, elle laisse apparaître un léger sourire sur ses lèvres. Ses mains se rejoignent dans une pose élégante.
Madame Sorquainville est vêtue à la mode de son temps, elle porte sur sa chevelure poudrée un bonne à bec, un petit ruban de velours noir masque les rides de son cou, sa robe est dite à la française et se constitue d’un corset caché par le ruban bleu, d’une jupe plissée et d’un faux manteau. Le vêtement est en taffetas aux tons changeants.

Par le cadrage rapproché, le décor sobre et les couleurs douces, l’artiste a choisi de réaliser un portait intimiste qui met en valeur l’expression de son modèle, elle a un air vivant voir malicieux.
Jean-Baptiste Perronneau savait tout comme Maurice Quentin de la Tour (à qui il fut toujours comparé) rendre la personnalité de son modèle. Mais dans son œuvre le rendu est plus fort, plus solide chez que son illustre contemporain, il s’intéressait moins aux effets de peinture ce qui explique qu’il ait représenté avant tout des hommes de la bourgeoisie. Ce portraitiste fut très en vogue durant les décennies 1740-1750. Il maitrise la peinture à l’huile mais c’est surtout dans le pastel qu’il excelle et en regardant ce tableau, nous ressentons l’influence de cette technique dans la légèreté de la touche.

Oublié pendant près d’un siècle, Jean-Baptiste Perronneau fut heureusement redécouvert par les frères Goncourt qui voyaient en lui un coloriste exceptionnel. Et il est vrai qu’il aurait été bien dommage d’oublier les attitudes vivantes de ses modèles et la précision de sa peinture.

Image provenant du site web gallery of art

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En 1784, Jacques-Louis David (1748-1825) commence une œuvre commandée par Louis XVI, Le Serment des Horaces, il s’agit d’une huile sur toile de grande taille (3.30*4.25 m) conservée au musée du Louvre.

Il réalise cette œuvre à Rome où il peut s’inspirer de l’art antique. Sujet de Corneille et de Tite-Live même si cette scène n’est mentionnée chez aucun auteur. Pour achever la guerre entre Rome et Albe, les Horaces sont choisis pour représenter la ville de Rome et doivent se battre jusqu’à la mort contre les Curiaces, champions de la ville d’Albe, malgré les liens qui les unissent : Camille, la jeune sœur des Horaces (vêtue de blanc sur le tableau) est fiancée à un Curiace tandis que Sabine, une Curiace est mariée à l’aîné des Horaces. David a réalisé beaucoup de dessins préparatoires, ses élèves notamment Drouais ont également participé à l’élaboration de ce tableau en faisant de nombreuses études, leur maître était quelqu’un de perfectionniste qui pouvait refaire pendant plusieurs jours le même pied. Aussi, il a mis 11 mois pour finir ce tableau.
La composition est simple, la lumière provient de la gauche et les personnages sont comme sur un bas- relief se détachant sur un fond d’arcades qui partagent la scène en 3 parties égales. Les trois Horaces, en groupe serré sont à gauche, dressés, tendus, en face de leur père qui occupe le centre de la scène. De la main droite, il bénit tout en maintenant leurs 3 lames d’acier de sa main gauche nue. Le seul des fils qui survivra au combat est celui qui jure de la main droite. Derrière lui à droite, les femmes sont affaissées, terrassées par la douleur, leurs corps flexibles et la fluidité de leurs vêtements contrastant avec la dureté du métal et des muscles des hommes. La signification de la scène gagne par son expression concise et sa clarté schématique. La volonté masculine est opposée au sentiment féminin ; la vocation civique endurcit les hommes, l’émotion submerge les femmes. Camille, la femme en blanc était fiancée à un Curiace, elle meurt tuée par son frère à qui elle avait reproché d’avoir assassiné son fiancé. L’organisation du tableau donne beaucoup d’importance aux hommes mais si le tableau était inversé c’est à dire que le groupe féminin se trouvait à gauche, c’est leur sentiment qu’il l’emporterait.

Cette œuvre caractérise un style nouveau : le néo-classicisme qui considère l’Antiquité du point de vue de la morale. Les héros de la Grèce ou de la Rome républicaine remplacent les dieux païens et leurs aventures frivoles. Dans ce tableau, on trouve avant tout l’exaltation de la vertu et du patriotisme : un nouvel idéal encouragé par les Encyclopédistes comme Diderot. Cette toile recevra un triomphe au Salon de 1785 et influencera de nombreux contemporains de David.

 

Illustration : Wikipedia

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L’ex-voto de Philippe de Champaigne (Bruxelles 1602 – Paris 1674) est une huile sur toile de 165 cm de haut par 229 cm de large conservée au Musée du Louvre.

Peint en 1662, ce tableau est une reconnaissance pour le rétablissement miraculeux de sœur Catherine de Sainte Suzanne de Champaigne, la fille du peintre, religieuse au couvent de port-Royal. Cela faisait 14 mois que la jeune femme était paralysée des membres inférieurs quand elle guérit à la suite d’une neuvaine (prières répétées pendant 9 jours) par mère Catherine-Agnès Arnault.

Les deux moniales sont en prière dans la cellule, la supérieure est agenouillée devant la malade assise dans un fauteuil, les jambes surélevées par un tabouret. L’éclairage de la scène vient de la gauche mais un rai de lumière descend sur le visage de la mère et sur les membres inférieurs de sœur Catherine.

Dans cette œuvre, tout est sobre: le décor de la pièce, la palette aux couleurs restreintes et même l’instant représenté. Ce n’est pas le moment du miracle qui est figuré mais celui juste avant la guérison. Mais les visages sont de beaux portraits qui expriment la sérénité. ils sont mis en valeur par le noir du voile. Une longue inscription en latin explique le tableau  » (voir ci-dessous).

Philippe de Champaigne est un peintre de la cour de France, il est connu pour les portraits du roi Louis XIII ou de Richelieu.Ici, il réalise un tableau d’une grande sérénité qui contraste avec les évènements qui touchent la communauté de Port-Royal. Ce monastère est un centre janséniste, ce mouvement réformateur du catholicisme va progressivement se transformer en une contestation politique  et religieuse contre le pouvoir absolu de Louis XIV.

Cette toile peut donc être vu comme un  ex-voto mais aussi comme un soutien à la communauté janséniste.

Illustration : Web Gallery of Art

*Citation latine du tableau :  » Au Christ, unique médecin  des corps et des âmes. La sœur Catherine Suzanne de Champaigne, après une fièvre de 14 mois qui par son caractère tenace et la grandeur des symptômes avait effrayé les médecins, alors qu’était presque paralysée la moitiée du corps, que la nature était déjà épuisée et que les médecins l’avaient abandonnée, s’étant jointe avec la mère Catherine Agnès par ses prières en un instant de temps une parfaite santé s’en étant suivie, à nouveau s’offre. Philippe de Champaigne cette d’un si grand miracle et de sa joie témoin a présenté à côté en l’année 1662. »  Traduction de Louis Marin in Louis Marin, Philippe de Champaigne ou la présence cachée, Paris, Hazan 1995, p.311

 

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Pour faire suite à l’article sur la Victoire de Samothrace voici un mini-site internet  du Musée du Louvre consacré à la restauration de la statue et à l’escalier Daru:

http://www.louvresamothrace.fr/fr/#/home

Ces pages expliquent le projet, l’intervention des restaurateurs. Le tout est très visuel et bien intéressant.

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L’Empereur triomphant dit l’ivoire Barberini est un diptyque byzantin dantant du Vie siècle de notre ère. Aujourd’hui il se compose de quatre plaquettes en ivoire d’éléphant (il manque un élément qui s’insérait par un système de rainure à droite de la figure centrale). Il mesure 34,2 cm de haut et 26,8cm de large et est conservé au Musée du Louvre.

Ivoire Barberini

Les diptyques sont des objets qui existent depuis l’Antiquité, ils servaient d’écritoire. Ils se composent de deux tablettes appelées feuillets reliées par des charnières et dont les faces intérieures étaient recouvertes de cire sur laquelle on écrivait à l’aide d’un stylet. Les feuillets pouvaient être en bois, en métal ou en ivoire. Lorsque le commanditaire appartenait à la cour, les matériaux employés et le décor étaient précieux.

L’iconographie de l’ivoire Barberini s’inspire des triomphes impériaux et développe un véritable message politique.

Au centre, nous voyons un empereur à cheval  tenant une lance plantée au sol arrêtant ainsi un barbare. Sous l’animal, une allégorie de la Terre soutient le pied du cavalier. En haut, un buste du Christ est sculpté dans un médaillon porté par des anges. La plaque du bas représente le tribu des peuples soumis. Sur la gauche un soldat s’apprête à offrir au souverain une victoire ailée.

Nous ne savons pas avec certitude quel est l’empereur représenté cependant la plupart des auteurs parle de Justinien (527-565)

De plus au revers de l’œuvre, nous pouvons voir une liste écrite à l’encre de plus de 300 noms parmi lesquels nous retrouvons ceux des souverains austrasiens de 575à 662( l’Austrasie est un royaume constitué après la mort de Clovis dans le nord-est de la Gaule), ce qui permet de penser que ce diptyque était présent en Gaule dès cette époque.

Nous ne pouvons qu’être admiratifs du travail des sculpteurs de ce feuillet qui ont su multiplier les détails et les prouesses techniques car certains éléments sont en ronde-bosse (c’est-à-dire qu’ils se détachent du support).

Ce type de pièces aura une grande influence sur les artistes carolingiens et leur servira de source d’inspiration.

Illustration : wikipedia

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